Jeudi 1er Mai 2008
Le Campiello del Piovan
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Il est des endroits à Venise où le temps s'arrête, des endroits presque secrets, oubliés du monde, loin de la foule des touristes et du bruit, des endroits comme le Campiello del Piovan (le campiello du Curé) dans le Castello.
Et pourtant ce campiello, au demeurant aussi grand que certains campi, se trouve à 20 mètres à peine de la Riva degli Schiavoni. Mais la petite calle qui y accède est tellement étroite que personne, tant mieux, n'a l'idée de l'emprunter. Ici vous ne trouverez ni cafés, ni boutiques de souvenirs, rien que le silence et le charme discret de la Venise que nous aimons.
Ici un cyprès soulève tranquillement le dallage des masegni qui l'entourent tandis que l'herbe pousse tout aussi tranquillement sur une bonne partie du campiello. Il n'y a pas d'autre bruit que le chant des oiseaux et le bruissement discret de l'air de la lagune entre les feuilles des arbres.
La foule des badauds de ce 1er Mai, pourtant bien présente et plutôt dense sur la Riva degli Schiavoni, n'existe plus : effacée, évanouie, disparue pour un instant.
Mais la pauvreté visible de ce campiello n'est qu'apparente, il est en effet riche de spiritualité car bordé par l'église de San Giovanni in Bragora, celle-là même ou l'on baptisa un petit enfant qui devint prêtre et musicien : Antonio Vivaldi.
Les trois margelles de puits du campiello, en pierre d'Istrie, étaient aujourd'hui les seuls badauds que nous avons rencontrés sur cette petite place vénitienne :
On trouve sur ce campiello un tout petit puits du XVIe siècle, tout près de l'église de San Giovanni in Bragora. C'était un puits privé à l'origine, comme l'inscription qui s'y trouve le prouve : “in usum presbyterorum”. Il a de plus
le privilège d'être particulièrement rare à Venise puisque sa forme est celle d'un cube alors que la quasi totalité de ses congénères vénitiens sont ronds.
Sur ses quatre faces on trouve tout d'abord un relief représentant Saint Jean-Baptiste, puis, dans le sens des aiguilles d'une montre, l'inscription “in usum presbyterorum” (à l'usage du presbytère), sur la face suivante, une croix grecque, et de nouveau l'inscription “in usum presbyterorum” sur sa dernière face. On avait le sens de la propriété dans ce presbytère !
Voici la vue du campiello depuis l'église de San Giovanni in Bragora, avec la croix grecque et l'inscription qui ornent deux des autres faces de ce puits cubique.
Notez aussi, creusées dans la base de marbre rouge du puits, deux petites vasques, dans lesquelles pouvaient boire les animaux, aujourd'hui bouchées avec du ciment
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