Acqua Alta à Venise

Acqua Alta, sans bottes il vaut mieux être souple !
Le Projet Mosé
C'est un grand projet “pharaonique” de mise en place de digues pour essayer d'enrayer les phénomènes d'Acqua Alta en installant aux entrées de la lagune (aux bouches du Lido, de Malamocco et de Chiogga).Il comprendrait 78 digues flottantes sur environ 1600 mètres et réparties en quatre tronçons avec d'énormes trappes pouvant se fermer ou s'ouvrir selon les caprices de la marée.
3,5 Milliard d'Euros !
Le projet vient d'être remis en cause en juin 2006 par un vote négatif du Conseil Municipal de Venise qui demande à l'État italien de revoir la copie du projet, qui est estimé à la bagatelle de... 3,5 milliards d'euros plus environ 35 millions d'euros de coût d'entretien annuel.Mais cette opposition n'aura servi à rien (voir plus bas) puisque les travaux ont maintenant été définitivement engagés et les fonds nécessaires payés par l'État Italien.

La Place Saint Marc sous l'Aqua Alta
Ce ne serait de plus qu'un pis aller étant donné que l'on tenterait ainsi de traiter la cause et non l'origine.
Un problème de fond et bien complexe
Tout le monde s'accorde en effet à dire que la construction des môles pour accueillir les grands navires, non seulement à Marghera mais également à Venise même, ont petit à petit privé la lagune des apports de sables que la mer amenait régulièrement et qui constituaient des barrières “naturelles”.De plus, le creusement du “canal du pétrole” pour permettre le passage des pétroliers à fort tonnage jusqu'au port de Marghera, en passant par Venise, permet aujourd'hui des entrées plus massives et plus rapide de la mer dans la lagune, et donc la ville peut être submergée plus rapidement.
La lagune perd un million de mètres cubes de sédiments par an

Acqua Alta et shopping en bottes et cuissardes
Ajoutez à cela le trafic incessant des bateaux de fort tonnage dans la lagune, qui soulèvent les sédiments par leurs mouvements.
6.000 puits creusés sous la lagune de Venise
Un autre problème concerne le creusement des quelques 6.000 puits qui ont été creusés sous la lagune et alentours avec pour conséquence un enfoncement de la ville de Venise et du sol de la lagune.On estime que la lagune dans son ensemble s'est enfoncée de 23 centimètres entre 1900 et 1970.
Compression naturelle des sols
Certes les puits ne sont pas seuls en cause, la compression naturelle des sols de toute la région du Pô pourrait également avoir aidé à cet affaissement.Comme on le voit, se contenter de “fermer” les bouches de la mer lorsque les niveaux montent ne correspond qu'à une solution dite de “replâtrage” provisoire qui n'empêchera jamais la détérioration de la lagune par les industries de Marghera et la réception par Venise de paquebots de passagers toujours plus gros.
Un “replâtrage” qui ne s'attaque pas assez aux causes
C'est comme si, pour lutter contre la pollution, on vous disait de porter en permanence un masque de protection filtrant mais qu'on ne faisait rien pour réduire cette pollution. Avec le temps vous devriez porter des masques de protection de plus en plus filtrants au fur et à mesure que la pollution s'aggraverait.Le projet Mosé, sans lutter en même temps contre les causes profondes de l'Acqua Alta, c'est un peu la même chose, c'est un “masque” très temporaire et qui n'empêchera pas la dégradation continue de la lagune de Venise et de son fragile écosystème.

Aqua Alta sur les Zattere dans le Dorsoduro
Des enjeux financiers...
Les enjeux financiers du port pétrolier d'un côté, le fait que la ville de Venise d'un autre ne limite pas la taille des paquebots qui lui amènent tant de touristes souvent fortunés, font que la solution, avant d'être purement technique, est d'abord politique.Qui osera mettre en cause les recettes financières de la ville et de la région pour pouvoir préserver son avenir.
Les débats actuels entre les États du monde sur le réchauffement climatique et ses conséquences sont du même ordre. Il s'agit ici de penser d'abord à nos enfants avant de penser à nous.
Les dernières Nouvelles du Projet Mosé devenu le “chantier Mosé”
Si une bonne partie des habitants de Venise, ainsi que sa municipalité, se sont opposés au projet Mosé, leurs voix n'auront pas été entendues puisque les premières tranches de travaux ont commencé suite au déblocage des fonds correspondants.
Les motivations politiques liées à la décision de lancer définitivement le projet sont assises sur les risques de réchauffement climatique. De fait, personne ne veut prendre la responsabilité de n'avoir rien fait si ledit réchauffement se confirme dans les décennies à venir.
Rendons hommage à l'ancienne République de Venise
La République de Venise, la Sérénissime, a réussi pendant des siècles à préserver la lagune et la ville, et ce avec des moyens matériels bien inférieurs en puissance à ce que le monde moderne nous apporte en matière de techniques et d'outillage.On ose espérer que plusieurs siècles plus tard, dans notre monde dit “moderne” on saura faire aussi bien que ces sages du temps passé !
Pour tout savoir sur le Projet M0.S.E. (en Italien)
Le Site officiel du Projet
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